INTERVIEW

INTERVIEW SUBGROUND 3000

today29/12/2023 148

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Le 13  janvier prochain, E-KWALITY RADIO reçoit en DJ set SUBGROUND 3000 aka Nick De Voost, dont vous pouvez retrouver les compositions sur les labels COD3 QR ou BLC recordings, entre autres.

Pour l’occasion, on a posé quelques questions à cet artiste originaire du nord de la France et fortement influencé par la mouvance techno et house américaine, mais aussi par le funk, le hip-hop, la soul et la cold wave.

 

 

EKR : Salut Nick ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

SG3000 : Je suis originaire du nord de la France. Mon intérêt pour la musique a débuté vers l’âge de 12 ans, déjà à l’époque j’économisais mon argent de poche pour acheter des 45 tours et depuis cette passion ne s’est jamais arrêtée , pour évoluer aux fil des années en tant que DJ avec l’émergence de la musique électronique et  par la suite comme producteur à travers différents projets et remix. Je collabore fréquemment avec Adam Carling pour des projets axés sur la deep techno / techno et sous son pseudo Lee Trax. Nous explorons également des projets plus orientés vers la house.

 

EKR : Quels sont tes premiers souvenirs musicaux (tous styles confondus) ?

SG3000 : Pas facile , il y en a tellement. Je pense que mes premiers souvenirs sont liés à l’influence de la pop anglaise , comme Eurythmics, Yazoo , Kate Bush et d’autres … Il y avait aussi Taxi girl, les Martin Circus avec Disco Circus, le fameux thriller de Michael Jackson dont le clip dure 13 minutes c’était fou à l’époque, Stevie Wonder avec Master Blaster (Jammin’) et sans oublier l’émission incontournable de Sidney H.I.P. H.O.P qui a laissé une empreinte marquante et parmi les invités ont pouvait apercevoir: Herbie Hancock,  Afrika Bambaataa, GrandMixer D.ST. C’était tout simplement incroyable à cette période. Grâce à lui, la culture hip-hop s’est propagée à travers toute la France.

Puis plus tard, mes véritables premières sensations avec les sons synthétiques ont été façonnées par la découverte de la coldwave avec des groupes comme Trisomie 21, originaire de Denain dans le Nord, dont les cassettes audio s’échangeaient à l’école et sans oublier, dans un style plus expérimental, Leftfield et les anglais du groupe Art of Noise avec leurs sons avant-gardiste et innovant, ils intégraient habilement par le biais du sampling des éléments de sons industriels, des bruitages et une variété d’effets sonores dans leurs compositions. Ces expériences ont été les bases d’une passion grandissante pour la musique électronique.

 

EKR : Te souviens-tu te ta première « claque » musicale ?

SG3000 : Tu veux dire un uppercut !! Dans un premier temps vers l’âge de 15 ans en 1988, j’ai fait la découverte d’une station de radio locale appelée SIS, située à Mouscron de l’autre côté de la frontière en Belgique. Chaque vendredi soir, la station diffusait la fameuse émission « Dynamix », animée par Ludovic Marshall et Laurent Top qui enchaînaient tous les hits new beat, house et techno du moment. Je devenais complètement dingue dans ma chambre, j’enchainais les enregistrements de cassettes audio, on pouvait déjà pressentir qu’une nouvelle révolution musicale était en marche de l’autre côté de la frontière.

Ensuite, quelque temps après, vers l’âge de 16 ou 17 ans , le grand frère d’un ami avait l’intention de nous emmener à une soirée en Belgique, je ne savais rien de plus et encore moins de ce qui m’attendait sur place. Arrivé devant le club, on pouvait entendre les basses qui résonnaient à travers les murs créant une atmosphère électrique et une fois les portes du club franchies, là ça été l’uppercut en pleine face, l’atmosphère vibrante à l’extérieur se transformait en une immersion totale. On pouvait apercevoir un public hétéroclite et habillé de façon excentrique, hypnotisé par la musique qui pulsait à travers le club, situé dans une ancienne usine, ce club c’était le Fifty Five (55). A mon avis, il n’est pas suffisamment mis en avant quand on évoque la période faste des clubs en Belgique. On parle souvent du Boccaccio, du Café d’Anvers, de la Rocca, de At the Villa et d’autres, mais pas assez du 55. Avec du recul, après avoir fréquenté régulièrement ces différents endroits, le 55 était certainement le club le plus pertinent à l’époque car il ne se limitait pas spécifiquement à la new beat, mais englobait un large éventail musical tels que la coldwave, l’acid house, la hip-house et les premiers hits techno de Detroit. Au 55, chaque soirée était mémorable et unique.

 

EKR : Tes premiers pas derrière les platines et les machines, c’était quand et à quelles occasions ?

SG3000 : A cette même période, mon meilleur ami était résident dans un bar en Belgique. De temps en temps, il me laissait prendre les platines, et c’est ainsi que j’ai eu mes premières sensation et interactions avec le public. Je ressentais à la fois de la nervosité et de l’excitation à l’idée de partager quelque chose avec eux. Malgré mon manque d’expérience, je ne prenais vraiment pas de risque car à cette époque, le mixage ne se faisait pas vraiment dans le tempo, mais plutôt en cut ou pendant le break. Depuis ces premiers instants derrière les platines, la passion ne m’a jamais quitté.

Ma première acquisition a été une paire de platines PR90 BST à courroie, un peu comme beaucoup d’autres par manque d’argent. Mais je suis rapidement passé aux Technics SL-1200.

En ce qui concerne la composition, je m’y suis intéressé assez tard, environ un peu plus de 10 ans. J’ai longtemps pensé que cette activité était réservée aux vrais musiciens, ou peut-être que je n’étais pas encore prêt. Puis mon activité de DJ m’occupait beaucoup, parcourir des kilomètres, à creuser, à fouiller pour dénicher la bonne galette, cela prend du temps. Avec le temps, j’avais envie de passer à autre chose, donc j’ai décidé de m’y investir pleinement. Ce que j’apprécie également dans la musique, c’est que rien n’est acquis, Je ne cesse de travailler et d’apprendre, toujours à la recherche de nouvelles sources d’inspiration et dans l’exploration de nouvelles sonorités.

 

 

EKR : Tu es au départ DJ, mais tu es également devenu depuis pas mal de temps compositeur. Ton approche entre ces 2 manières de faire de la musique est-elle très différente, entre le studio et la scène comme DJ ? Si oui, quelles sont ces différences ?

SG3000 : Les approches sont complètement différentes mais liées. En tant que DJ, l’objectif est de créer une expérience immersive avec le public en sélectionnant et mixant des morceaux. Sur scène, tu te concentres sur la dynamique de la foule, en créant de transitions fluides, le tout en temps réel pour maintenir une énergie constante de manière spontanée. D’un autre côté, en studio, le processus est plus introspectif, avec ces différentes étapes, notamment le mixage et l’arrangement qui ne sont pas toujours faciles à maîtriser. Puis il y a la solitude du studio, contrairement à l’ambiance dynamique et interactive de la scène,  tu te plonge dans une une atmosphère créative, intime et réfléchie, sans l’instantanéité du retour du public.

Donc pour remédier à cela, nous apprécions souvent travailler ensemble avec Adam Carling, car ces collaborations nous apportent beaucoup, telles que la diversité et de la créativité en fusionnant les idées, les styles, en stimulant l’inspiration avec les compétences de chacun.

Nous faisons toujours les choses sérieusement, mais sans nous prendre au sérieux. Sur ce point,  nous nous sommes bien trouvés et nous sommes toujours les premiers surpris par le résultat de notre travail.

Je pense que le studio et la scène en tant que DJ se nourrissent mutuellement, contribuant à enrichir ma compréhension de la musique et certainement à alimenter ma passion.

 

EKR : Si tu devais résumer ta musique en quelques mots, ça serait quoi ?

SG3000 : Difficile  répondre à cette question , je ne m’inscris pas dans une nomenclature préétablie ni à une tendance particulière. Je dirai que mon style navigue entre la house et la techno, explorant également la deep house, la dub techno et parfois même des morceaux électro et de drum & bass. Je touche un peu à tout, je travaille simplement sur des atmosphères qui me parlent et me font vibrer, sans prétention mais toujours de manière authentique. Cette approche me permet d’avoir une certaine ouverture d’esprit sur la créativité et la volonté d’explorer différents univers.

 

EKR : La musique et la scène électroniques ont beaucoup changé ces dernières années. Que regard portes-tu sur leur évolution ?

SG3000 : L’évolution de la scène a engendré du positif et du moins bon, mais je préfère me focaliser sur ce qui est positif. Le reste ne m’intéresse pas, donc je n’en parlerai pas. Je pense que l’évolution de la musique électronique et de la scène ces dernières années a été fascinante. On a pu observer une diversification des genres, une fusion créative et l’émergence de nouvelles sonorités. Puis Les avancées technologiques ont également joué un rôle majeur, permettant aux artistes d’explorer de nouveaux horizons. Les choses changent, c’est intéressant. Il y a aussi la nouvelle génération qui émerge, tout en assimilant le background musical depuis la fin des années 80. donc, le meilleur est encore à venir.

 

EKR : Quel(le)s sont les artistes qui te chatouillent joliment les oreilles en ce moment ?

SG3000 : Il y a tellement de choses à aborder, mais pour énumérer les principaux : en house il y a Alton Miller pour sa Detroit deep house, Nico Lahs pour le coté « soulful house cuts » et Fred P pour sa vision de la deep house. Claudio PCR pour le coté deep techno et c’est un très bon remixeur également, le dernier album de  Mark Ambrose sur Repeat records est excellent, Luke Hess et Vril dans un registre plus atmosphérique et dub techno. Le dernier Lurka sur Make Your Own Meaning records dans le style « stepping UK », minimaliste et percussif. Dans le domaine de l’electro, des artistes tels qu’E.R.P Alias Convextion, Marco Bernardi et  Sound Synthesis . Coté D’n’ B , il y a Tim Reaper, Calibre… Et Carrier qui apporte une dimension minimaliste et futuriste dans ses productions, parmi bien d’autres. J’en oublie, voici ceux qui me viennent à l’esprit. Il y a tellement de sorties et d’artistes talentueux, qu’il est  difficile de tous les mentionner.

 

EKR : Peux-tu nous parler un peu du DJ set (et de son orientation) que tu nous proposes le 13 janvier prochain ?

SG3000 : Ce DJ set oscille entre deep house / House, c’est deep, funky et groovy , avec beaucoup de news et quelques classiques. À écouter chez soi, tranquillement, par exemple pendant l’apéro ou en voiture, mais pas les deux en même temps 🙂

 

EKR : Un dernier mot ?

SG3000 :   La musique électronique demeure un langage universel qui transcende les frontières. C’est une chance de pouvoir véhiculer à travers elle des valeurs telles que la liberté, la modernité et la passion. Il est essentiel de ne pas oublier de partager ces valeurs.

Et il est également  important de se rappeler que la véritable magie réside dans la connexion que la musique crée entre nous tous. Donc restons ouvert à l’innovation, à la diversité et à la découverte constante.

Et merci à E-KWALITY RADIO pour cette invitation !!

 

Écrit par: E-Kwality Radio

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